Une douleur localisée sous les côtes droites peut être bénigne ou signaler une pathologie sérieuse. Identifier sa nature, son intensité et les symptômes associés est essentiel pour orienter vers le bon diagnostic.
Lecture : 7 minRelu par un médecinMis à jour : juin 2025
Quelle zone est concernée ?
L’hypocondre droit désigne la région abdominale supérieure droite, située sous le rebord costal droit. Cette zone abrite plusieurs organes vitaux dont la proximité explique la diversité des douleurs possibles :
Foie
Plus grand organe du ventre, logé sous les côtes droites basses
Vésicule biliaire
Petite poche stockant la bile, sous le lobe droit du foie
Poumon droit / plèvre
Douleurs projetées possibles en cas de pleurésie
Côlon droit (colon ascendant)
Impliqué dans gaz, constipation ou pathologies coliques
Rein droit
Les coliques néphrétiques irradient parfois vers le bas des côtes
Nerfs intercostaux
Origine musculo-squelettique ou névralgie intercostale
Les principales causes
Causes digestives et biliaires
- Colique hépatique et lithiase biliaire : calcul dans la vésicule ou le canal cholédoque provoquant une douleur intense, souvent après un repas gras, irradiant vers l’épaule droite.
- Cholécystite aiguë : inflammation de la vésicule biliaire, fièvre associée, douleur à la palpation. Nécessite une prise en charge rapide.
- Hépatite (virale, alcoolique, médicamenteuse) : inflammation du foie entraînant une douleur sourde sous les côtes droites, parfois un ictère (jaunisse).
- Syndrome de l’intestin irritable (SII) : douleurs crampi formes liées au transit, souvent soulagées par les gaz ou les selles.
- Gaz intestinaux et constipation : accumulation de gaz dans le côlon droit, douleur souvent intermittente et bénigne.
Causes hépatiques
- Stéatose hépatique (foie gras) : surcharge graisseuse du foie pouvant provoquer une gêne chronique sous les côtes droites.
- Abcès ou kyste hépatique : douleur plus marquée, parfois fièvre et malaise général.
- Cirrhose hépatique : douleurs souvent associées à un gonflement abdominal (ascite) et une fatigue profonde.
Causes rénales
- Colique néphrétique droite : douleur violente, unilatérale, irradiant vers l’aine, avec parfois sang dans les urines.
- Pyélonéphrite : infection du rein droit accompagnée de fièvre élevée, frissons, brûlures urinaires.
Causes thoraciques et pulmonaires
- Pleurésie droite : inflammation de la plèvre entourant le poumon droit ; douleur aggravée à l’inspiration.
- Pneumonie basale droite : infection pulmonaire projetant une douleur dans l’hypocondre droit.
- Embolie pulmonaire : urgence absolue — douleur thoracique avec essoufflement, tachycardie.
Causes musculo-squelettiques
- Névralgie intercostale : douleur en ceinture suivant un trajet nerveux, souvent déclenchée par le mouvement ou la palpation.
- Fracture ou contusion costale : après un choc ou un effort violent.
- Zona : éruption douloureuse caractéristique sur un trajet intercostal, parfois précédant les lésions cutanées.
Signaux d’alerte : quand agir vite
Appelez le 15 (SAMU) ou le 18 immédiatement si :
- Douleur brutale et très intense ne cédant pas en quelques minutes
- Essoufflement brutal, palpitations, lèvres bleutées
- Perte de connaissance ou confusion
- Jaunisse apparaissant rapidement avec fièvre élevée
- Abdomen dur comme une planche (défense abdominale)
Consultez un médecin dans les 24–48 h si :
- Douleur persistante au-delà de 48 h sans amélioration
- Fièvre > 38,5°C associée à la douleur
- Nausées ou vomissements répétés
- Urines foncées, selles décolorées ou jaunisse légère
- Douleur après un repas gras avec irradiation vers l’épaule droite
Comment le médecin établit le diagnostic
Le diagnostic repose sur un entretien clinique détaillé, un examen physique (palpation abdominale, point de Murphy, auscultation pulmonaire), puis des examens complémentaires ciblés :
| Examen | Utilité principale | Urgence |
|---|---|---|
| Échographie abdominale | Vésicule, foie, rein, calculs | Prioritaire |
| Bilan sanguin (NFS, CRP, bilan hépatique) | Infection, inflammation, fonction hépatique | Prioritaire |
| Analyse d’urine (ECBU) | Infection urinaire ou rénale | Standard |
| Scanner abdomino-pelvien | Bilan complet si doute diagnostique | Urgent si suspicion grave |
| Radiographie thoracique | Pneumonie, pleurésie, fracture costale | Selon contexte |
| Sérologies virales (hépatite A, B, C) | Hépatites virales suspectées | Standard |
Traitements selon la cause
Il n’existe pas de traitement unique : la prise en charge dépend entièrement de l’étiologie identifiée.
Pathologies biliaires
En cas de calculs vésiculaires symptomatiques, une cholécystectomie laparoscopique (ablation de la vésicule) est souvent recommandée. Les crises aiguës sont soulagées par antispasmodiques et antalgiques en attendant l’intervention.
Infections (hépatites, pyélonéphrite)
Les hépatites virales aiguës relèvent du repos et parfois d’antiviraux spécifiques. Les pyélonéphrites nécessitent une antibiothérapie adaptée (orale ou IV selon la gravité).
Colique néphrétique
Traitement antalgique d’abord (anti-inflammatoires, antispasmodiques). L’expulsion spontanée du calcul est possible pour les petites tailles. Un traitement urologique peut être requis (lithotritie, urétéroscopie).
Origines musculo-squelettiques
Névralgie intercostale et contusion costale : repos, antalgiques, kinésithérapie. Le zona est traité par antiviraux (aciclovir) en phase aiguë, avec antalgie adaptée.
Bon à savoir
Les douleurs sous les côtes droites liées aux gaz ou à un intestin irritable répondent souvent bien à des adaptations alimentaires : réduction des aliments fermentescibles (FODMAP), activité physique régulière et gestion du stress.
Prévenir les récidives
Alimentation équilibrée, pauvre en graisses saturées pour protéger foie et vésicule
Hydratation suffisante (1,5 à 2 L/j) pour prévenir les calculs rénaux
Activité physique régulière pour améliorer le transit et réduire le foie gras
Vaccination contre l’hépatite B et surveillance hépatique si facteurs de risque
Limitation de la consommation d’alcool pour préserver le foie
Bilan de santé annuel pour détecter précocement les maladies hépatiques
Note éditoriale : Cet article est rédigé à titre informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Toute douleur persistante, intense ou accompagnée de fièvre doit faire l’objet d’un avis médical dans les meilleurs délais. En cas de doute, consultez votre médecin traitant ou rendez-vous aux urgences.